Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras, Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat, J’adore en mes mains et berce étonnée, La merveille, ô Dieu, que m’avez donnée. De fils, ô mon Dieu, je n’en avais pas. Vierge que je suis, en cet humble état, Quelle joie en fleur de moi serait née ? Mais vous, Tout-Puissant, me l’avez donnée. Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas Car j’avais aussi, petite et bornée, J’avais une grâce et vous l’ai donnée. De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas Pour parler aux gens perdus d’ici-bas… Ta bouche de lait vers mon sein tournée, O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée. De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las… Ta main, bouton clos, rose encore gênée, O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée. De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas Pour rompre avec eux le pain du repas… Ta chair au printemps de moi façonnée, O mon fils, c’est moi qui t...